« Aujourd’hui, dans chaque pays du monde, de nombreux enfants souffrent des effets de la violence ; beaucoup vivent “une culture de la violence”. Nous croyons que chaque enfant peut découvrir que la violence n’est pas une fatalité. Nous pouvons offrir de l’espoir en commençant à créer une nouvelle « Culture de la non-violence ». Ensemble, nous pouvons bâtir une culture de la non-violence pour l’être humain, qui donnera de l’espérance à l’humanité tout entière et surtout aux enfants de notre monde.»
(Extrait de l’Appel des lauréats du Prix Nobel de la Paix pour les Enfants du Monde – 1er juillet 1997)

Depuis 1997, pour la première fois dans l’histoire, tous les prix Nobel de la paix vivant ont adressé un même message à tous les chefs d’État des pays membres des Nations Unies. L’objectif était que les Nations Unies proclament une décennie pour promouvoir une culture de la non-violence, afin d’alléger la souffrance des enfants du monde. Cet appel a été entendu, et à la suite de nombreux échanges avec les chefs d’État puis de nombreuses rencontres avec les ambassadeurs auprès des Nations Unies à New York, l’Assemblée Générale des Nations Unies a approuvé, à l’unanimité de tous les États membres, la résolution proposée par l’Ambassadeur du Bangladesh, Monsieur Chowdhury.

Le 10 novembre 1998, l’Assemblée Générale des Nations Unies proclamait la première décennie du vingt et unième siècle et du troisième millénaire, les années 2001 à 2010 « Décennie internationale de promotion d’une culture de la non-violence et de la paix, au profit des enfants du monde ».

Au cours de l’année 2000, proclamée « Année internationale de la culture de la Paix », à l’appel de l’Unesco, 75 millions de personnes dans le monde ont signé le Manifeste 2000 pour une culture de la paix et de la non-violence.

En juin 2004, 2006 et 2008, s’est tenu, à Paris, le Salon international des initiatives de Paix. Au cours de ces quelques jours, plus de 150 associations et organisations ont présenté au public un large éventail de leurs réalisations dans des domaines très divers pour créer un monde où règneraient plus de paix et de fraternité.

Mais commençons par nous poser cette question : Pourquoi la guerre, aussi souvent, depuis si longtemps et partout dans le monde ? Que sont en effet les livres d’histoire, sinon une série de dates de batailles et de conquêtes ? Nous pouvons dire que la plupart des hommes se battent entre eux depuis l’origine de l’humanité. Chaque époque avait ses raisons et ses méthodes pour faire la guerre. Si certains se sont battus pour une carcasse de viande ou une source d’eau, d’autres se battent pour acquérir la puissance, la richesse ou le pouvoir. Dans leur grand aveuglement, il y en a même qui se battent contre des idées ou des valeurs.

Le monde bouge, mais pour ne pas devenir aveugle aux transformations lentes, constantes et positives du monde, évitons les pièges faciles de laisser notre intellect écouter uniquement les journalistes de la « presse catastrophe », les hommes politiques à la recherche de pouvoirs ou les mouvements qui vivent sur le malheur. Pour cela, chacun peut utiliser le support qui lui convient, sa propre méthode. Aujourd’hui, des outils nouveaux sont mis à notre disposition pour redécouvrir notre monde avec un autre regard. Internet, outil du millénaire, peut être une vitrine magique pour cela, en l’utilisant avec intelligence et sagesse.

C’est justement en visitant Internet qu’une passion peut prendre une nouvelle ampleur et si nous unissons deux thèmes qui nous touchent, des découvertes intéressantes se font jour. Pourtant, allier la paix comme objectif et la philatélie comme moyen y ont reçu peu de réponses jusqu’à présent. Hors, Le sujet de la paix est souvent représenté par les timbres, soit par le mot lui-même, soit par un symbole qui puisse l’évoquer, comme celui de la colombe. Le timbre-poste que nous collons sur nos enveloppes a pour première mission de payer un coût d’affranchissement pour l’expédition de nos courriers. La philatélie n’est pas seulement la reproduction de symboles, elle peut devenir aussi un excellent moyen de communication, un support de transmission de messages pour un objectif comme celui de la paix. L’observation attentive des thèmes développés, à toutes les époques et par tous les pays, nous place devant une mine de connaissances, de découvertes, et une source de réflexion.

Nous sommes très vite interpellés par un grand nombre de vignettes soulignant que la paix ne peut être efficace que si nous permettons à tous d’avoir accès à l’éducation, l’alphabétisation, l’accès aux livres, la connaissance. Le Savoir est la première marche pour ne plus être manipulé par celui qui crie le plus fort, qui influence les plus faibles dans un projet souvent peu enviable. Nous retrouvons également de nombreux timbres sur le développement rural : l’instauration de la paix dans le monde passe aussi par l’évolution de l’agriculture dans les pays pauvres, les mesures contre la faim dans le monde ou l’incitation à l’allaitement maternel. Un troisième thème important est celui de la santé : les luttes contre le sida, la tuberculose et toutes les grandes et graves maladies ont eu leurs timbres pour montrer la façon dont les pays prenaient au sérieux ces grandes catastrophes et participaient au mieux à l’extinction de ces fléaux.

Un thème fort développé grâce à la philatélie est celui de la famille. Nous retrouvons là aussi de nombreux de timbres sur l’émancipation de la femme, sa place dans la famille, ses droits ainsi que ceux des enfants. Par exemple, un timbre récent du Bénin a pour thème la lutte contre le trafic d’enfants. Parallèlement, nous trouvons également l’évocation des luttes pour la restauration du respect envers autrui, notamment les personnes handicapées. Les notions de racisme, de xénophobie, d’apartheid, d’esclavages, etc. sont développées pour rappeler à chacun l’importance de reconnaître l’autre comme son égal. Ces timbres sont aussi des repères pour le devoir de mémoire. Il est important de se souvenir des actes passés pour en tirer les leçons et éviter de recommencer les mêmes erreurs. À ce titre, beaucoup de timbres commémoratifs représentent des monuments ou des lieux symboliques, témoins d’actions particulières comme la « Porte de non-retour de Ouidah » au Bénin, autrefois l’un des principaux points d’embarquement des esclaves vers l’Amérique, ou le village d’Oradour-sur-Glane, en France, détruit pendant la guerre.

La protection de la Planète prend une place prépondérante dans l’objectif d’instaurer la paix dans le monde. En effet, comment vivre en paix si la Terre qui nous héberge n’est pas respectée, protégée ?Un grand nombre de pays ont cherché à développer cette idée en éditant des timbres sur la protection de la faune, de la flore, de l’eau et de l’air, les aménagements contre la désertification, le respect des forêts et le reboisement.

Des sujets qui peuvent nous toucher plus particulièrement sont véhiculés par des timbres évoquant nos gestes quotidiens. Nous trouvons par exemple des timbres qui abordent la lutte contre le tabagisme, l’abus d’alcool, la drogue ou la sorcellerie. Ces rappels à l’ordre nous montrent les sujets épineux de notre vie de tous les jours qui doivent être reconnus et maitrisés. Depuis longtemps, des valeurs que nous connaissons bien comme la paix bien sûr, mais aussi la fraternité, la liberté, la démocratie, l’accueil, l’écoute sont des thèmes représentés sur nos petites vignettes. Quelques pays ont décidé d’imprimer un timbre commun sur le thème du dialogue entre les peuples. D’autres encore développent des timbres évoquant leurs relations économiques ou leurs efforts de coopérations dans des domaines divers.

Toutes les actions ou valeurs développées le sont souvent par des hommes ou des femmes qui ont su se dépasser et devenir moteurs d’actions particulières pour que la paix se développe dans le cœur des hommes. Certains en ont été récompensés et ont reçu le prix Nobel de la Paix. La philatélie a contribué à les faire connaître, en créant des timbres à leur effigie. C’est ainsi qu’une reconnaissance a été accordée à ceux qui ont participé aux démarches pour obtenir la paix entre les peuples, comme par exemple Théodore Roosevelt en 1906 pour des négociations dans la guerre russo-japonaise, Nelson Mandela et Frédérik De Klerk en 1993 pour l’abolition de l’Apartheid ou Henri La Fontaine, en 1913 en tant que président du Bureau International permanent de la Paix. D’autres ont reçu ce prix pour des actions d’importance pour le bien de l’humanité comme Henri Dunant en 1901, fondateur de la Croix-Rouge, René Cassin, en 1968, président de la Cour européenne des droits de l’homme, Albert Schweitzer, en 1952, pour la création de l’hôpital de Lambaréné au Gabon ou Mère Térésa en 1979, pour l’aide aux plus pauvres en Inde, etc.

La liste est importante mais il y a aussi ceux qui sans avoir reçu le prix Nobel de la Paix, sont cependant reconnus et estimés pour leurs actions pacifiques comme le Mahatma Gandhi, apôtre de la non-violence, Victor Schœlcher, ardent combattant pour l’abolition de l’esclavage ou Charles de Foucauld pour sa vie et ses prières.

Figurent aussi, comme acteurs de paix, les mouvements et organisations à caractère humanitaire, que l’on parle de « Médecins sans frontières », des « Compagnons d’Emmaüs », d’« Amnesty International », ou du « Rotary-Club », etc. pour ne citer que ceux-là. La représentation qui en est faite sur les timbres-poste frappe quelquefois notre mental par la réalité des scènes, l’exactitude des situations. Le but n’est-il pas de nous permettre de connaître pour agir ?

Simultanément, dans sa démarche de promouvoir la paix, la philatélie participe activement à ce que la « lumière » brille un peu plus chaque jour dans le cœur de chacun. Chaque action permet de prendre conscience que rien n’est une fatalité, que rien n’est figé et que tout est encore à réaliser pour que notre vie soit en harmonie avec les lois divines. Le dévouement de certains, le dynamisme et la foi du plus grand nombre nous montre le chemin vers un monde plus juste où l’aspiration vers plus de spiritualité guidera l’homme à la recherche de la lumière.

Le chemin mystique est un chemin de Paix. En effet, le travail qui y est réalisé régulièrement nous met en harmonie avec les plus hautes aspirations qui soient. L’harmonisation avec le Divin nous imprègne de sagesse et d’amour. Fort de cette richesse, notre regard sur le monde est emprunt de compassion, de compréhension, d’humilité. Si nous ne pouvons prendre le monde entier dans nos bras pour lui donner toute notre force, nous pouvons, chaque jour, lui envoyer des rayons de lumière, de vie et d’amour, afin que ces rayons touchent l’humanité tout entière et lui apportent un peu de notre paix intérieure.